Café noir

mets-toi à l'aise, c'est l'heure de la pause

23 septembre 2004

Parfois, le désespoir est un sentiment calme.


Une nuit où tu n'étais pas là, je suis venu dormir chez toi
Dans ton lit. Dans tes draps.
J'avais pris la clé dans la cachette habituelle, que je connais
bien, puisque pendant longtemps, cette chambre, ce lit, ces
draps étaient aussi les miens. Je savais que tu dormais alors,
ailleurs dans Paris, dans une autre maison, un autre lit.

Je sentais ton odeur, ton désordre, tes habits tout autour de
moi.

Cette nuit là, je n'avais plus rien à attendre.
Etranger parmi ces objets familiers que nous avions si sou-
vent partagés. Je comprenais, avec exactitude, qu'il ne me
restait plus qu'à partir, à sortir de ta vie et qu'il n'y aurait
 pour m'accompagner que la douleur que tu m'as laissée.

C'était une nuit sans rêve et sans larme. Avec beaucoup
d'éveils tout de même, à la moindre rumeur venue de la rue, 
au moindre bruit de l'immeuble.

La première nuit où j'apprenais que j'étais seul,
comme une leçon nouvelle.

Une nuit calme en somme.
      
       Parfois, le désespoir est un sentiment calme.


Frédéric Mitterand - Lettres d'amour en Somalie.


Posté par Mosca à 16:36 - bookin'age - Vous dites ? [11 petits mots] - Permalien [#]

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