Café noir

mets-toi à l'aise, c'est l'heure de la pause

10 octobre 2004

Ça, c’est un baiser

C'est le premier bouquin de Philippe Djian que je lis. Bien sûr, de Djian, je connais le renom. On me dit d'ailleurs que sa réputation est surfaite, que c'est plus un faiseur qu'un vrai écrivain, qu'il a fait de bons bouquins mais que « ça c'est un baiser » ne fait pas partie de ceux-là. Seulement voilà, il était disponible à la bibliothèque et je l'ai emprunté.

Donc « ça c'est un baiser » !

Et bien, ça se présente comme un polar, une fille est retrouvée morte, les dents cassées. Cette fille, c'est Jennifer Brennen, accessoirement fille d'un industriel, le roi de la godasse, accessoirement en rupture avec son père, accessoirement pute, accessoirement militante alter-mondialiste (pour emmerder son père, of course). Ça a tout d'un polar avec les clichés du genre (Djian joue avec les clichés) ! Mais pas seulement. En fait, l'enquête policière passe assez vite au second plan.

Déjà il faut dire que Nathan, le héros flic mâle, la quarantaine désabusée, a une vie sentimentale assez compliquée. Il est en plein divorce avec Chris la militante, qui file le parfait amour avec Wolf, le mec plus ultra, activiste alter-mondialiste. Et Nathan n'a pas encore renoncé à Chris. En même temps, il vit avec une top model anémique droguée qu'il ne baise pas. En même temps, il baise avec Marie-Jo sa collègue, le héros flic femelle du bouquin.
Donc Marie-Jo, trente-deux ans, est mariée à un prof de littérature pédé, et se laisse baiser par Ramon, un petit voisin de vingt-cinq ans qui est aussi un amant de son mari. Marie-Jo, mauvais caractère, courageuse, grosse et jolie, prête à tout pour perdre ses ving-cinq kilos de trop, amoureuse de Nathan et bien sûr jalouse.

Alors roman sentimentalo-psychologique ? oui, mais pas que !

Il y a aussi l'arrière-plan sociologique, la peinture d'un monde dominé par l'économie. En toile de fond, des manifs alter mondialistes de plus en plus durement réprimées...
Et puis Nathan est aussi apprenti écrivain, ce qui permet à Djian d'affirmer quelques vérités de son cru sur ce que doit être un écrivain.

C'est une histoire à deux voix, parfois discordantes, celle de Nathan et de Marie-Jo. Leurs monologues intérieurs sont ce qu'il y a de mieux dans le bouquin (un peu le même procédé que celui employé par Bret Easton Ellis dans « les lois de l'attraction », un peu aussi le même caractère désabusé). L'histoire part un peu dans tous les sens, mais ce n'est pas vraiment gênant. De toute façon, elle n'est qu'un prétexte. N'empêche, on a bien envie de savoir comment elle va finir cette histoire, même si on se doute bien que ça finira mal, une sorte de descente aux enfers.

Alors bon bouquin, pas bon bouquin ? j'en sais rien, peut-être faut-il un peu de recul pour le dire. En tout cas j'ai aimé, même si certaines phrases m'ont parfois agacée, comme cette propension aux images poétiques un peu éculées, et certaines prises de position hyper convenues.
Mais qu'importe, j'ai lu le bouquin d'un trait et ce fut un bon moment de lecture.


Posté par Mosca à 09:20 - bookin'age - Vous dites ? [21 petits mots] - Permalien [#]

Commentaires

    j'aime bien ce genre de brèves, jc'est agréable, ça donne envie de lire . Meuci.

    Posté par james, le 11 octobre 2004 à 18:35
  • merci James
    c'est un peu le but même si je ne suis pas une super critique littéraire

    Posté par mosca, le 11 octobre 2004 à 23:13
  • C'est bien, de lire "un peu " de Djian. Je l'ai fait aussi et me suis un peu lassé... Le dernier lu était Vers chez les blancs... les thèmes ne sont guère différents et j'ai bien peur que l'animal n'écrive toujours un peu la même chose.

    J'ajoute, même si c'est pas le sujet, que j'ai une ex qui le connaît bien personnellement et qui dit que c'est pas vraiment le top, comme mec... mais on s'éloigne de la critique littéraire de + en +, là !

    Bah, s'il ne sait plus trop quoi écrire, il peut toujours retourner pondre des tubes pour son chouchou Stephan...

    Posté par Jocelyn, le 12 octobre 2004 à 17:05
  • oui, on s'éloigne on s'éloigne, ça vire aux cancans, mais c'est divertissant les cancans de temps en temps, non ?

    Posté par mosca, le 12 octobre 2004 à 23:17
  • j'ai connu djian en allant voir 37,2 le matinà l'epoque au ciné..par la suite j'ai lu tout ce qu'il avait fait auparavant, j'accrochais!depuis je pense tout comme jocelyn..ça tourne en rond..si tu aime bret easton ellis , je te conseille de lire hubert selby junior..par exemple "le demon"..sinon tu dois connaitre si tu vas souvent au ciné " un de ces livres a été adapté ya deux ans "requiem for a dream" tire de de son livre "retour a brooklyn"....

    bonne nuit mosca @bientôt

    Posté par falo, le 14 octobre 2004 à 02:26
  • Merci Falo )

    Hubert Selby Junior ? Bien sûr. Tout à fait d'accord avec ce choix.
    Bisous
    Bonne nuit Falo

    Posté par mosca, le 14 octobre 2004 à 23:33

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